Camponotus rufoglaucus feae

La Fourmis des Îles Canaries

Description

Avec au moins 965 espèces recensées, les fourmis du genre Camponotus sont apparemment très répandues! Certaines mesurent près de 5 cm de long, pattes et antennes comprise. Les Camponotus Rufoglaucus feae, dont il est question ici, mesurent 6 à 10mm et sont noirs. La reine, appelée également gyne, mesure 13 mm et est noire également. Les segments de leur abdomen sont délimité par d’élégants petits anneaux gris argentés.

Castes

On trouve des ouvrières dites « minor », « media » » et « major ». Leur taille, et donc leurs fonctions diffèrent. Il n’y a pas de soldat à proprement parler chez l’espèce décrite ici. J’imagine que les « majors », de part leur taille supérieure et leurs mandibules plus grandes, sont plus à même de découper les insectes morts et de défendre la colonie. je pense que ces dernières sont peuvent également stocker davantage de nourriture dans leur jabot sociale (c.f § trophallaxie).

Provenance

Cette sous-espèce est apparemment endémique des Iles Canaries. On trouve d’autres Camponotus rufoglaucus de l’Afrique de Nord jusqu’en Asie.

Pas facile de prendre une de ces petites piles en photo! C’est drôlement speed!

 

Nourriture

La plupart des Camponotus sont omnivores, avec une préférence pour les liquides sucrés.

Dans la nature, elles obtiennent en partie les glucides qui leur sont nécessaires par le fameux miellat excrétés (et oui…) par les pucerons notamment.

En captivité, on peut leur proposer:

– eau sucrée

– gelée sucrée

– lait miellé

– miel « bio » sans pesticide

– jaune d’oeufs

– sans oublier quelques insectes morts, préalablement placés au congélateur 24h pour détruire les éventuelles parasites.

La trophallaxie

La plupart des fourmis ont le goût de partage! Elles possèdent deux estomacs: l’un pour digérer sa propre nourriture, l’autre pour en offrir à ces congénères. Ce second estomac, dont les abeilles sont également dotés, s’appelle communément  le « jabot social ». Cette régurgitation d’aliments prédigérés ne sert pas uniquement à nourrir autrui, mais également à communiqué des informations sur la source de nourriture transférée.
Les estomacs, ainsi que leu coeur, se situe anatomiquement dans l’abdomen (la dernière partie du corps).

Conditions de maintien

Dans son milieu naturel, les Camponotus rufoglaucus feae creusent leur nid dans le sol, en forêt ou en plaine sous une pierre par exemple.
Etant donné les climats très diversifiés que l’on trouve aux Canaries, je pense que cette espèce est tolère des écarts d’humidité et de température importantes.
– Température: 21 à 30 ° C,  pas d’hibernation préconisée.
– Humidité donné par l’éleveur: nids 50 à 60 %,  aire de Aire de chasse: 30  – 50% *

ADC

*L' »aire de chasse », appelée également « aire de fourragement » et « Arena » ou « Futter arena » en allemand, est l’endroit où les ouvrières s’approvisionnent en nourriture, à défaut d’avoir un vrai environnement extérieure naturel. Il doit obligatoirement avoir un grand apport d’air ambiant, car il représente l’extérieur pour les fourmis.
Le nid en allemand se dit « Nestbereich ».
Pour relier l’ADC au nid, j’ai utilisé un tube style aquarium. Il semble qu’il constitue un obstacle pour les fourmis: elles tombent et glissent de temps en temps! Donc cette solution ne semble pour l’instant pas idéal. Certains éleveur font tout simplement un petit pont, en bois par exemple, à ciel ouvert pour relier le nid à un l’ADC constitué d’un aquarium, dont les bords ont été recouverte de talc ou d’un autre produit répulsif.

Photo prise lors du déménagement: une ouvrière s’occupe du couvain à mis trajet dans le tube reliant le nid à l’ADC où sont momentanément entreposées les éprouvettes de transport. On peut alors observer des oeufs (1), des larves (2) et des cocons (3).

Réalisation du nid en plâtre

Les galeries… Ha, les galeries! Ce n’était pas si facile de savoir et de comprendre de quelles formes et de quelle taille les concevoir! J’ai fait d’autres projets avant d’arriver à ce format qui convient pour un nid verticale. J’ai heureusement eu la chance d’être aiguiller par plusieurs passionnés avertis.

Elles sont réalisées ici, en négatif, avec de la plasticine (pâte à modeler) et placé sur une plaque de verre, le tout dans un carde en bois recouvert d’un film plastique qui ferra office de coffrage.

Un ami m’a fabriqué un profil en synthétique pouvant accueillir 40 ml d’eau. Le remplissage se fera par le haut à travers le petit tube que l’on peut voir ici à gauche. Il sera pris dans la masse. un couloir raccordera la réserve d’eau à la galerie afin d’amener l’humidité nécessaire à la survie de la colonie. J’ai également fait deux ouverture dans le cadre « grille d’aération » pour amener un peu d’air dans le plâtre, mais attention: pas dans la colonie. Ceux-ci ne sont pas reliés directement aux galeries. La fonction de ces amenée d’air est discutable et certainement pas nécessaire.

Le coulage: j’ai rempli tout d’abord la totalité de mon coffrage d’eau, puis j’ai saupoudré de plâtre jusqu’à débordement. J’ai pu délicatement démoulé rapidement après quelques heures seulement. Cependant attention: un moulage tel que celui-ci mais plusieurs jours à sécher et reste très fragile.

Plâtre armé: ce n’est malheureusement pas visible sur les photos, mais j’ai préalablement posé un treillis en métal avec des mailles de 1cm carré par dessus les galeries en plasticine avant de couler mon plâtre afin de rendre le nid plus stable et résistant.

On retire ensuite la masse molle des chambres et couloirs du futur nouvel appartement de la colonie!

Voilà! On aperçoit les trous du système d’humidification du nid.

Le tutoriel ici!

Dans un soucis uniquement esthétique, j’ai glissé une feuille dans laquelle j’ai préalablement découpé les galeries entre deux vitres (une en verre et l’autre en acrylique.J’en ai profité pour obscurcir quatre chambres avec du papier calque. Je pense que la colonie se sentira moins stressé ainsi.

J’ai ensuite encore rajouté un petit thermomètre et hygromètre. L’affichage digitale se fait par une petite fenêtre découpée dans la feuille blanche.

Le déménagement: suite et fin de l’histoire

Aussitôt reçu les éprouvettes de l’éleveur, je les ai ouvertes et placées dans un ADC provisoire.
Les fourmis en très rapidement commencé à déménager le couvain…au milieu du tube, et non dans le nid. Rien à faire. Plusieurs jours ont passé: elles n’ont finalement jamais déménagé dans leurs galeries de plâtres.

Tous les jours, plusieurs fourmis mourraient. Elles semblaient ne plus contrôler leurs membres, ivres, quelques-fois sur le dos, puis… c’est le trépas! La cause en est sûrement les reste d’insecticide flottant partout dans l’air chez moi. J’ai en effet l’habitude de placer un petit morceaux de « Martec » dans chacun de mes terras pour éviter la prolifération de petits insectes et acariens dans le substrat. J’ai certainement retiré trop tard ces insecticides; ajoutez à ceci l’anti mite dans les placards à habits… Une autre cause de la mort abordée au chapitre suivant.

Deux à trois semaines plus tard, lorsque la colonie fut réduite de près de trois quart de ses ouvrières, j’ai replacé les rescapés placides et faibles dans des éprouvettes. Je les ai ensuite donné à un ami ayant davantage de connaissances que moi en espérant qu’il puisse les sauver.
Bref, l’expérience ne fut malheureusement pas couronnée de succès.

Depuis, j’ai acquis une autre espèce: Messor minor hesperius, une espèce granivore. N’ayant pas installé la colonie dans ma maison, j’ai évité ainsi tous problèmes d’empoisonnement. Pour l’instant la colonie semble se porter à merveille!

Le conte de Les phtalates et des fourmis

Apparemment, certaines espèces de fourmis sont particulièrement sensibles au plastique. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille de vous plonger dans les travaux de Monsieur Alain Lenoir, Professeur émérite à l’IRBI (Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte), Université de Tours. Le problème surpasse très vite le domaine des fourmis, mais ces dernières sont peut-être bien un signal d’alarme pour l’humanité. Notre planète est ne train de s’empoisonner!

lien pdf vers une partie de ces travaux ici

Je n’ai pas lu ce compte rendu, cependant j’ai suivi une conférence à ce sujet sur le net. Je ne retrouve malheureusement plus le lien pour vous le partager.

 

Salut!

Sources

http://www.antshop.ch

http://www.myrmecofourmis.com

 

Animaux, textes, photos: gentilcopain

Dernière mise à jour: 06.06.2015