Morelia spilota harrisoni

Irian Jaya Carpet Python

Un mâle harrisoni de plus de 2 mètres, et une femelle plus petite de phase granite.

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Tous les boïdés (boas, pythons) sont menacés d’extinction. Ce python est protégé par l’annexe 2 de la Convention de Washington (CITES).

 

Aire de répartition

Irian Jaya (ou Nouvelle-Guinée, selon la localité. On le trouve en général dans les forêts subtropicales, non loin des cours d’eau.

Morphologie

Morelia Spilota Harrisoni est à ma connaissance le plus petit représentant de son espèce (Spilota, hein! pas de sa famille qui serait les pythons). On donnait les chiffres de 1,4 à maximum 1.8 mètre pour un adulte. Cependant, la sélection anthropique et les nombreux croisements perpétués avec d’autres sous-espèces semblent avoir modifié la taille originale des harrisoni. Il faut maintenant compter avec des individus en captivités atteignant les 2 à 2,2 mètres. C’est tout du moins ce que je pense. Petite observation: ma femelle granite semble par contre rester petite.

Comme tous les pythons à ma connaissance, les pupilles sont verticales. Il possède de nombreuses fossettes thermosensibles (les trous vers sa gueule). Celles-ci lui permettent de détecter d’infimes variations de température et de déterminer à quelle distance se trouve sa proie. Il frappe la gueule ouverte avec la précision d’un engin de guerre hi-tech, même dans l’obscurité la plus totale.

Sa robe est généralement vivement contrastée de bandes beiges à jaunes sur fond noir à brun foncé. Ce dessin rappellerait les tapis persans finement tissés ce qui lui a valu son nom vernaculaire.

La queue est préhensile, c’est-à-dire qu’ils l’utilisent pour se maintenir aux branches. L’extrémité de la queue, bien qu’ils arrivent à se maintenir très fermement, est fragile, et on peut aisément la casser si l’on force trop. Alors attention, j’insiste: ne tirez pas dessus. On peut les stimuler à avancer en effleurant la queue pour qu’ils avancent et relâchent leur prise.

Les harrisoni provenant de Nouvelle-Guinée sont appelés Morelia Spilota harrisoni Nouvelle-Guinée, en opposition avec Irian Jaya. Ceux-ci arborent des couleurs un peu moins chaudes, tendant vers des nuances de gris.

Longévité

Une dizaine d’années. Ce qui est assez peu comparé à d’autres pythons.

Conditions de maintien

  • Température: Je loge les miens à 31°C  le jour et 25°C la nuit au point chaud.
  • Humidité: 70% à 80% obtenus avec un bac d’eau sur le point chaud et des vaporisations quasi quotidiennes.
  • Éclairage: Je maintiens les miens à 11 heures de lumière par jour.
  • Substrat : Des éclats de hêtre achetés en animalerie feront parfaitement l’affaire.
  • Comme toujours: plusieurs cachettes placées point chaud et au point froid.
  • Comme toujours 2: un bac d’eau suffisamment grand pour qu’ils puissent y faire trempette.
  • Une ou plusieurs branches solides pour ce serpent semi-arboricole.
  • Taille du terrarium: on peut donner comme règle générale: 1 x 1/2 x 3/4 de la longueur du serpent. On peut donc loger un jeune adulte de 1.2 m dans 1200 x 600 x 900 mm. Ce qui fait terrarium de taille non négligeable! J’ai maintenu deux jeunes Spilota dans 1200 x 500 x 500 mm. Une fois adultes, je leur ai fourni un terrarium plus vaste.
    Dites-vous bien que plus le terra est grand mieux c’est, bien sûr! on fera juste attention à ne pas loger un bébé ou un juvénile dans un terrarium trop vaste: il risquerait de perdre ses repères et de ne plus s’alimenter correctement.
    Le mieux est de prendre contact avec les services vétérinaires de votre canton et de leur demander leurs exigences pour la taille du terrarium.

Alimentation

Dans son milieu naturel, son régime alimentaire est constitué de rongeurs, notamment de chauve-souris, ainsi que d’oiseaux, et, parait-il, parfois même d’autres reptiles. Les tout jeunes individus mangeraient même des lézards et des grenouilles. En captivité, des rongeurs de tailles adaptés constitueront le mets idéal. On les habituera rapidement à manger de jeunes rats, car une fois adulte, il sera plus simple de lui proposer de gros rats, plutôt qu’une dizaine de souris! On peut leur donner un poussin de temps à autre. Personnellement, je nourris les miens surtout avec des mastomys.

On peut également lui donner un poussin de temps à autre, juste pour le plaisir. Nah!

Moeurs

Bien que trop souvent considéré comme relativement agressif, Morelia Spilota harrisoni est un python docile, d’avantages que cheynei, celui-ci se montre plus vif. Les juvéniles sont toujours plus vifs et agressifs, mais ils se calment rapidement si on les habitue à être manipulés de temps à autre.
A mon humble avis il peut convenir à un débutant éclairé désireux de maintenir cette espèce!

C’est un serpent plutôt nocturne. Il y a pourtant des périodes l’année, vers le printemps et l’été, où ils sortent régulièrement de leur cachette en pleine journée! Plus les individus deviennent âgés, plus ils se montrent.

Attention: Les Spilota n’apprécient pas toujours la vie en communauté… Si loger un couple est possible mais pas très conseillé, loger des mâles ensemble est à proscrire. Il est cependant possible de maintenir plusieurs femelles ensemble sans soucis. J’ai tout de même personnellement maintenu deux mâles dans un même terrarium en croyant héberger un couple. Cela pose surtout problème lors de l’hibernation: les deux mâles semblent ne pas se sentir tranquille et tardent à se calmer. Je conseille donc de loger les mâles individuellement.

Reproduction

  • Maturité sexuelle :3 à 4 ans
  • Hibernation ou pseudo-hibernation: Entre octobre à mi-décembre et décembre à février,  on peut faire hiberner nos Spilota et descendre graduellement la température du terrarium à 20 C°; cela leur est bénéfique : c’est un « repos hibernal ». Je pense qu’ils vivent plus longtemps ainsi. Cependant, cette hibernation n’est pas toujours nécessaire pour les faire se reproduire. On peut également se concentrer principalement sur le mâle, et laisser la femelle au chaud, cela permet de donner du repos au mâle et de continuer à nourrir la femelle.
    Attention
    : Cette opération est délicate. Il faut toujours veiller à nourrir suffisamment les prétendants avant et après la période de repos lorsque l’on désire reproduire une espèce. De plus une hibernation se fait progressivement et tout en douceur. Un animal avec un estomac plein mis en période de repos trop hâtivement en mourrait!
  • Ponte: Entre 10 et 30 oeufs, 70 jours après l’accouplement. La ponte subvient environ 26 jours après la mue de pré-ponte.
  • Incubation: Environ 60 jours à 30° – 31 °.


On voit bien, ci-dessus, les différences de pattern des Harrisoni et Variegata (ssp.).

Acquisition

Prix: Il y en a tous les prix en partant de 100 CHF et parfois même moins. Cependant, comptez environ 200 CHF pour un beau spécimen juvénile. Les prix peuvent vit grimper selon la pureté des localités et selon les morph (intergrades ssp.) et atteigne facilement plus de 1000 CHF.

Disponibilité: Cet attrayant python (Spilota ssp.) est de plus en plus répandu en terrariophilie. Il est presque devenu un classique!

Quelques sous-espèces

  • Morelia Spilota spilota, le python Diamant. Délicat, vivement déconseillé aux débutants.
  • Morelia Spilota cheynei, le Python Tapis des Jungles.
  • Morelia Spilota harrisoni, dont il est question ici.
  • Morelia Spilota variegata, le Python Tapis du Nord.
  • Morelia Spilota Mcdowelli, le Python Tapis Côtier. C’est le plus grand. Il peut atteindre 3 m!
  • Morelia Spilota bredli, le Python Tapis de Bredl, 1.5 à plus de 2 mètres.
  • Morelia Spilota metcalfei, on connait relativement peu de chose sur ce serpent peu présent en terrario.
  • Morelia Spilota imbricata, sans doute le spilota le plus rare et et le plus méconnu.

On parle souvent de Irian Jaya. Il ne s’agit pas une sous-espèce, mais une localité.

La phase Granite

La phase Green

Identification et quelques précisions

cheynei, variegata, harrisoni, Irian Jaya??? Après une petite enquête que j’ai effectuée, voilà ce que j’en ai déduis:

Mr. Gray a découvert au nord-ouest de l’Australie en 1842 une nouvelle sous-espèce de Morelia spilota qu’il nomma variegata. On a donc appelé variegata tous les pythons tapis en provenance de nord-ouest de l’Australie et environ, notamment de l’île de Irian Jaya. Or, on a remarqué, bien plus tard, que sur cette dernière, il y avait en fait deux sous-espèces. C’est Mr. Hoser qui, en l’an 2000, décrivit cette seconde. Il la nomma harrisoni. On a donc par ignorance, importé et intergradé (« hybridé » de deux sous-espèces) pendant de nombreuses années des pythons de sous-espèce différente. En terrariophilie, on nomme généralement spilota Irian Jaya ces magnifiques pythons très contrasté et aux couleurs chaudes qui sont en fait des croisements de variegata et harrisoni. Il s’agit donc d’un croisement entre deux sous-espèce; appelé intergrade et non hybride. A noter encore que les anglophones nomment souvent les harrisoni « Darwin python » lorsqu’ils veulent les différencier.

Pour compliquer l’identification, notons que les sous-espèces de Morelia spilota ont été très souvent mélangées. Ignorance et incompétence sont de rigueur…  Les mecs de l’époque ne savaient tout simplement pas ce qu’était une localité, et souvent ignoraient même la sous-espèce de leurs bêtes. On trouvait que Mcdowelli, cheynei, variegata et harrisoni se ressemblaient. Il est donc aujourd’hui relativement illusoire de s’imaginer de maintenir des souches pures de spilota des sous-espèces citées ici. Parmi les Morelia spilota disponibles sur le marché, seuls  les spilota Spilota et les Bredli semblent avoir été épargnés, tant leur robes est différentes des autres (pour être précis Bredli n’est pas un ssp de spilota, je sais, je sais…). Et encore que spilota spilota est très souvent mélangé avec cheynei pour en faire ce que l’on appelle de « Diamond Python ».

Il faut également savoir l’export de ses reptiles australiens est interdit depuis bientôt 30 ans.

Un spilota ssp. albino dans une bourse!

Par ailleurs, cheynei est une sous-espèce possédant différentes localités, dont certaines n’ont pas de jaune! C’est également le cas de harrisoni qui peut provenir de Irian Jaya ou de Nouvelle-Guinée.
On peut rajouté encore à ceci quelques phases, concernant les tons ou les patterns, comme les Cheynei 50/50, c’est à dire qu’ils possèdent autant de jaune que de noir, les cheynei stripped (lignés),Les bredli stripped, les Mcdowelli axanthic, caramel ou encore jaguar dont l’épine dorsale est entièrement jaune; Les harrisoni granite, green, albinos; et plus récemment les zebra, leucistic, paradox, etc. Compliqué ?

Salut!

Un t’tit wallpapers!

 

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Dernière mise à jour: 15.12.2017