Morelia spilota variegata

North Western Carpet Python

Darwin Carpet

Tous les boïdés (boas, pythons) sont menacés d’extinction. Ce python est protégé par l’annexe 2 de la Convention de Washington (CITES).

Aire de répartition

Nouvelle-Guinée, Irian Jaya.  On le trouve en général dans les forêts subtropicales, non loin des cours d’eau.

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Morphologie

Morelia Spilota variegata atteint, à taille adulte, 1,40 à 2 mètres b . Il s’agit donc déjà d’un grand serpent. Son acquisition n’est donc pas à prendre à la légère. Il nécessitera un terrarium de taille non négligeable. De plus, il possède un solide appétit!

La queue est préhensile, c’est-à-dire qu’ils l’utilisent pour se maintenir aux branches. L’extrémité de la queue, bien qu’ils arrivent à se maintenir très fermement, est fragile, et on peut aisément la casser si l’on force trop. Alors attention, j’insiste: ne tirez pas dessus. On peut les stimuler à avancer en effleurant la queue pour qu’ils avancent et relâchent leur prise.

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Sa robe est généralement vivement contrastée de bandes beiges à jaunes sur fond noir à brun foncé. Ce dessin rappellerait les tapis persans finement tissés ce qui lui a valu son nom vernaculaire.

Comme tous les pythons à ma connaissance, les pupilles sont verticales. Il possède de nombreuses fossettes thermosensibles (les trous vers sa gueule). Celles-ci lui permettent de détecter d’infimes variations de température et de déterminer à quelle distance se trouve sa proie. Il frappe la gueule ouverte avec la précision d’un engin de guerre hi-tech, même dans l’obscurité la plus totale.

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Longévité

Une petite dizaine d’années. Ce qui est assez peu comparé à d’autres pythons.

Conditions de maintien

  • Température: Je loge les miens à 31°C  le jour et 25°C la nuit au point chaud.
  • Humidité: 70% à 80% obtenus avec un bac d’eau sur le point chaud et des vaporisations quasi quotidiennes.
  • Éclairage: Je maintiens les miens à 11 heures de lumière par jour.
  • Substrat : Des éclats de hêtre achetés en animalerie feront parfaitement l’affaire.
  • Comme toujours: plusieurs cachettes placées point chaud et au point froid.
  • Comme toujours 2: un bac d’eau suffisamment grand pour qu’ils puissent y faire trempette.
  • Une ou plusieurs branches solides pour ce serpent semi-arboricole.
  • Taille du terrarium: on peut donner comme règle générale: 1 x 1/2 x 2/3 (3/4) de la longueur du serpent. On peut donc loger un jeune adulte de 1.5 m dans 1500 x 750 x 1000 mm. Ce qui fait terrarium de taille non négligeable! J’ai maintenu trois Spilota dans 1200 x 500 x 500 mm. Une fois adultes, je leur ai fourni un terrarium plus vaste.
    Dites-vous bien que plus le terra est grand mieux c’est, bien sûr! on fera juste attention à ne pas loger un bébé ou un juvénile dans un terrarium trop vaste: il risquerait de perdre ses repères et de ne plus s’alimenter correctement.
    Le mieux est de prendre contact avec les services vétérinaires de votre canton et de leur demander leurs exigences pour la taille du terrarium.

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Alimentation

Dans son milieu naturel, son régime alimentaire est constitué de rongeurs, notamment de chauve-souris, ainsi que d’oiseaux, et, parait-il, parfois même d’autres reptiles. Les tout jeunes individus mangeraient même des lézards et des grenouilles. En captivité, des rongeurs de tailles adaptés constitueront le mets idéal. On les habituera rapidement à manger de jeunes rats, car une fois adulte, il sera plus simple de lui proposer de gros rats, plutôt qu’une dizaine de souris! On peut leur donner un poussin de temps à autre. Personnellement, je nourris les miens surtout avec des souris, mastomys, et de temps à autre, des poussins.

Moeurs

Bien que souvent considéré comme irascible, Morelia spilota variegata est pourtant un python plutôt docile. Les juvéniles sont toujours plus vifs et agressifs, mais ils se calment rapidement si on les habitue à être manipulés de temps à autre.
A mon humble avis, il peut convenir à un débutant éclairé désireux de maintenir cette espèce!

C’est un serpent plutôt nocturne. Il y a pourtant des périodes l’année, vers le printemps et l’été, où ils sortent régulièrement de leur cachette en pleine journée!

Attention: Les Spilota n’apprécient pas toujours la vie en communauté… Loger un couple ou deux mâles ensemble n’est pas conseillé. Il est cependant possible de maintenir plusieurs femelles ensemble sans soucis. J’ai tout de même personnellement maintenu deux mâles dans un même terrarium en croyant héberger un couple. Cela pose surtout problème lors de l’hibernation: les deux mâles semblent ne pas se sentir tranquille et tardent à se calmer. Je conseille vivement de loger les mâles individuellement.

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Reproduction

  • Maturité sexuelle :3 à 4 ans
  • Hibernation ou pseudo-hibernation: Entre octobre à mi-décembre et décembre à février,  on peut faire hiberner nos Spilota et descendre graduellement la température du terrarium à 20 C°; cela leur est bénéfique : c’est un « repos hibernal ». Je pense qu’ils vivent plus longtemps ainsi. Cependant, cette hibernation n’est pas toujours nécessaire pour les faire se reproduire. On peut également se concentrer principalement sur le mâle, et laisser la femelle au chaud, cela permet de donner du repos au mâle et de continuer à nourrir la femelle.
    Attention
    : Cette opération est délicate. Il faut toujours veiller à nourrir suffisamment les prétendants avant et après la période de repos lorsque l’on désire reproduire une espèce. De plus une hibernation se fait progressivement et tout en douceur. Un animal avec un estomac plein mis en période de repos trop hâtivement en mourrait!
  • Ponte: Entre 10 et 30 oeufs, 70 jours après l’accouplement. La ponte subvient environ 26 jours après la mue de pré-ponte.
  • Incubation: Environ 60 jours à 30° – 31 °.

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Ponte de mai 2012

La ponte a eu 18 jours de retard! C’est beaucoup sur 70 jours de gestation. De plus, lorsque la femelle les a pondus, il semble qu’ils soient restés trop longtemps au sol dans la boîte de ponte, où la température a dépassé les 31 °C. Ils ont été cuits, c’est foutu.

Ponte de juin 2015

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Ponte OK, éclosion en cours

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Acquisition

Prix: Il y en a tous les prix en partant de 100 CHF et même parfois moins. Cependant, comptez environ 200 CHF pour un beau spécimen juvénile. Les prix peuvent vit grimper selon les localité ou les morph (intergrades ssp.) Un « vrai » variegata, c’est-à-dire de souche pure, est appelé Darwin python. Il ressemble beaucoup aux individus présentés ici, mais avec des tons rouges! Ceux-ci sont actuellement très recherchés et coûte près de 1000 CHF.

Disponibilité: Cet attrayant python (Spilota ssp.) est de plus en plus répandu en terrariophilie. Toutefois, il ne constitue pas un bon serpent pour débuter.

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Quelques sous-espèces

  • Morelia spilota spilota, le python Diamant. Délicat, vivement déconseillé aux débutants.
  • Morelia spilota cheynei, le Python Tapis des Jungles.
  • Morelia spilota harrisoni, le Python Tapis de Irian Jaya.
  • Morelia spilota Variegata, dont on parle ici.
  • Morelia spilota Mcdowelli, le Python Tapis Côtier. C’est le plus grand. Il peut atteindre 3 m!
  • Morelia spilota bredli, le Python Tapis de Bredl, 1.5 à plus de 2 mètres.
  • Morelia spilota metcalfei, on connait relativement peu de chose sur ce serpent encore peu présent en terrario.
  • Morelia spilota imbricata, sans doute le spilota le plus rare et et le plus méconnu.

On parle souvent de Irian Jaya. Il ne s’agit pas une sous-espèce, mais une localité.

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héhé! Le cliché parfait: Serpent entrelacé sur tête de mort!

Identification et quelques précisions

cheynei, variegata, harrisoni, Irian Jaya???

Après une petite enquête que j’ai effectuée, voilà ce que j’en ai déduis:

Mr. Gray a découvert au nord-ouest de l’Australie en 1842 une nouvelle sous-espèce de Morelia spilota qu’il nomma variegata. On a donc appelé variegata tous les pythons tapis en provenance de nord-ouest de l’Australie et environ, notamment de l’île de Irian Jaya. Or, on a remarqué, bien plus tard, que sur cette dernière, il y avait en fait deux sous-espèces. C’est Mr. Hoser qui, en l’an 2000, décrivit cette seconde. Il la nomma harrisoni. On a donc par ignorance, importé et hybridé pendant de nombreuses années des pythons de sous-espèce différente. En terrariophilie, on nomme généralement spilota Irian Jaya ces magnifiques pythons très contrasté et aux couleurs chaudes qui sont en fait des croisements de variegata et harrisoni.

Pour compliquer l’identification, notons que les sous-espèces de Morelia spilota ont été très souvent mélangées. Ignorance et incompétence sont de rigueur…  Les mecs de l’époque ne savaient tout simplement pas ce qu’était une localité, et souvent ignoraient même la sous-espèce de leurs bêtes. On trouvait que Mcdowelli, cheynei, variegata et harrisoni se ressemblaient. Il est donc aujourd’hui relativement illusoire de s’imaginer de maintenir des souches pures de spilota des sous-espèces citées ici. Parmi les Morelia australiens disponibles sur le marché, seuls les bredli et les spilota spilota semblent avoir été épargnés, tant ils sont différents des autres. Cependant, ceux que l’on trouve sont tous consanguins à un certain niveau. Il faut également savoir l’export de ses reptiles australiens est interdit depuis bientôt 30 ans.

ici, avec un petit harrisoni granit.

Par ailleurs, cheynei est une sous-espèce possédant différentes localités, dont certaines n’ont pas de jaune! C’est également le cas de Harrisoni qui peut provenir de Irian Jaya ou de Nouvelle-Guinée.
On peut rajouté encore à ceci quelques phases, concernant les tons ou les patterns, comme les cheynei 50/50, c’est à dire qu’ils possèdent autant de jaune que de noir, les cheynei stripped (lignés), les bredli stripped, les Mcdowelli axanthic, caramel ou encore jaguar dont l’épine dorsale est entièrement jaune; Les Harrisoni Granite, Green; les intergrade zebra, albinos… Compliqué ?

J’ai nommé ce post Morelia variegata. Je l’ai illustré avec les photos mes bêtes. Cependant, avec l’aide d’autres terrariophiles éclairés, nous avons identifié  mes variegata comme des cross (crossing : croisement) de variegata Irian Jaya x cheynei, notamment à cause du pattern céphalique (grosses lignes noires bien épaisses) et des tons jaunes. Il s’agit donc d’un croisement entre deux sous-espèce, ce qui en fait un « intergrade » et non un hybride. J’aimerais encore spécifier que l’éleveur à qui j’ai acheté ses merveilleux serpents est persuadé qu’il s’agit de purs cheynei, ce que j’ai d’ailleurs cru à l’époque… Quoi qu’il en soit, les conditions de maintien sont identiques, et… le plaisir est le même ! De belles bêtes que je ne me lasserai jamais d’admirer !

Salut!

 

 

 

Textes, animaux, photos: gentilcopain

Dernière mise à jour: 17.2.2017